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| Généralités - Coûts | |
Dis, combien ça coûte ? Le coût est le montant d'un transfert monétaire pour acquérir un bien ou un service...
A PROPOS DE LA DETTE DE L'ETAT
Il devrait être évident pour chacun que la notion de dette de l'Etat envers les résidents (environ 50% de la dette publique et 25% des engagements de l'Etat) n'est en fait qu'un transfert de monnaie d'une certaine partie de la population (celle qui paye des impôts et des taxes, lesquelles "transitent "par l'administration pour être reversées aux prêteurs). La question est donc de savoir comment les prêteurs ont obtenu la monnaie qu'ils vont prêter à la collectivité .. Or, comme 85% de la monnaie en circulation est d'origine d'une création monétaire privée sous forme d' émissions de crédit par le système bancaire (pour plus de précisions voir : http://www.societal.org/bulletin/novembre2005.htm et http://www.societal.org/docs/pp3-monnaie.ppt ) , il est évident que la collectivité emprunte "in fine" aux banques privées. Comme il faut payer les intérêts à ce système bancaire et que la BCE n'émet pas de monnaie centrale non productive d'intérêts qui permettrait de se désendetter, la dette publique ne peut qu'augmenter. Mais c'est une dette "factice" puisque les intérêts (à défaut du capital) sont en grande partie versés à des résidents qui remettront cette monnaie en circulation au sein de la Nation. Il en est de même des retraites des fonctionnaires qu'on nous présente comme une "dette de l'Etat" . Allons, c'est bien un transfert collectif (y compris une quôte-part due par les fonctionnaires retraités eux-mêmes), dont l'origine sera de toute façon tous ceux qui payent des taxes et impôts.
Ces intérêts payés ou les retraites versées (à part les transferts vers l'étranger, paradis fiscaux ou non, et l'épargne), seront ré-injectés dans l'économie sous forme de dépenses, elles-mêmes productives de taxes, d'impôts et d'achats comptabilisés dans le PIB...
Car les dépenses des uns font les revenus des autres... et tout payement en échange d'un bien ou d'un service corresponds à un débit sur le compte de l'un des intervenants mais à un crédit sur le compte d'un autre ... Donc il n'y a pas "d'évaporation" de la monnaie qui circuite d'un intervenant (acheteur) à l'autre (vendeur) lequel se retrouvera à son tour en position d'acheteur à un autre moment.
LES "COUTS"
Il est sans doute difficile d'admettre qu'un équipement collectif ne "coûte" rien à la collectivité, si ce n'est du "travail". C'est pourtant la démonstration que j'ai apportée il y a quelques années (Voir "Un regard citoyen sur l'économie", pages: 117+ et sur http://www.societal.org/docs/crip.pdf) dans lequel, en prenant un certain nombre d'hypothèses simplificatrices, on s'aperçoit: - Production = Travail + marges imbriquées - Comme la NATURE ne se fait pas payer pour les matières premières qu'elle nous offre, toute production de matière première peut se résumer à du travail et des marges imbriquées, et une production ne "coûte" que des salaires, de la TVA et des Charges patronales.
... et j'avais pris l'exemple d'un investissement de 15 milliards d'€ (création d'un ferroutage dans la vallée du Rhône) pour démontrer: - que les activités secondaires générées auraient eu un effet multiplicateur augmentant l'ensemble à 60 milliards d'€ , - que ces 60 milliards d'€ , pour une moyenne de salaire brut de 12 € de l'heure, représentaient 5 milliards d'heures de travail .. c'est bien ce qu'on cherche, de l'emploi, non ? - que la "monnaie" injectée reviendrait intégralement à l'Etat en moins de 4 ans ( dont 75% la première année), et en plus la Nation aurait bien créé un "capital" (elle se serait "valorisée")
Et on pourrait extrapoler ce raisonnement par exemple au logement . Mais qu'est ce qui empêche que chaque français ait un toît correct ... ne savons-nous pas construire? manquons-nous des matériaux? n'avons –nous pas les entreprises, les"bras" et les équipements nécessaires? les terrains manquent-ils ?
Mis à part le solde négatif d'importation-exportation (y compris les intérêts payés à l'étranger sur des empunts d'Etat) .. ces "coûts collectifs" n'existent pas,
CHANGER DE POINT DE VUE...
Sur la page http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=ChangerDeParadigme nous nous demandions:
"Si une collectivité a : 1 – un besoin, 2 – la volonté de le satisfaire, 3 – les moyens techniques et énergétiques, 4 – Un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,
… Pourquoi ne peut-elle réaliser ce besoin par faute de financement ?" et nous considérions que l'obtacle épistémologique était le suivant : "La monnaie reste conçue comme une réalité matérielle (précieuse) de quantité finie donc rare et épuisable, alors qu’elle ne l’est plus puisqu’elle est dématérialisée et ne représente qu'une simple ligne d'écriture"
Venons-en maintenant à un exemple que nous entendons tous les jours .. le "coût" de la santé. Sur ce sujet, pas une émission télé, pas une émission radio sans que de doctes économistes, sans que des hommes politiques nous rabattent les oreilles avec les " déficits" de la sécurité sociale.
Je considère que ces soi-disant déficits n'ont aucun sens si ce n'est "comptable". Ils ne sont générés que par le fait que la SS a un budget séparé du budget national (on ne parle pas de "déficit de l'armée", ou du "déficit de la justice" par exemples).
Allons plus loin dans la réflexion. Lorsque la SS paye un médicament ou une visite chez le médecin, que devient cet "argent" ? C'est quand on "suit" le circuit monétaire d'un achat ou d'une production qu'on s'aperçoit de l'aberration. Le prix (le "coût" pour le bilan comptable de la SS) et donc la monnaie payée au pharmacien ou au médecin va revenir dans le circuit économique général de la nation (fornisseurs et producteurs), participant au PIB (et aux taxes et impôts), ou en partie à l'épargne (qui est une dépense différée).
Le "déficit de la SS" n'est rien d'autre qu'une différence comptable entre les entrées et les sorties.. mais il n'y a à aucun moment "évaporation" de la monnaie, donc "coût" réel..
Et c'est la raison pour laquelle il me semble complètement anormal que dans nos sociétés où il est possible de former le nombre de personnel soignant, médecins, spécialistes, chirurgiens et chirurgiens-dentistes suffisants pour soigner toute la population, l'ensemble de la santé ne soit pas pris en charge à 100% . Je ne comprends pas quand je vois certaines personnes jeunes à qui il manque des dents, simplement parce qu'elles ne peuvent se payer les frais de parondotologie et de microchirugie dentaire
Bien évidemment on peut dire " diminuons ce budget" ou le souhaiter: soit en diminuant les prestations, soit en faisant une meilleure médecine, mais de toute façon, un "coût", tant qu'il ne s'agit pas d'exportation de monnaie, ça ne veut "globalement" rien dire ... c'est toujours un "coût" pour quelqu'un (ou une structure), mais un "revenu" pour celui qui reçoit la monnaie équivalent à ce coût.
LA MONNAIE DOIT DONC ETRE PRODUITE PARALLELEMENT A LA PRODUCTION
C'est la raison pour laquelle le "modèle économique" sur lequel nous avons travaillé (l'Ecosociétalime) défends l'idée (qui n'est techniquement réalisable que depuis peu de temps) que la monnaie doit être produite "parallèlement" à la production et détruite lorsque la production est consommée ou utilisée. Elle doit évidemment être produite sans intérêts, rien ne le justifiant sur une "création monétaire" (alors qu'on peut l'admettre dans le cas d'un prêt d'une épargne préalable)
Il y aurait encore beaucoup à dire sur les présentations du Budget de l'Etat des collectivités, et les "déficits" publics. Tant que la comptabilité publique ne disposera pas d'un compte de bilan faisant intervenir les amortissements des équipements publics et la valeur du "capital France" (combien "vaut" la France par rapport au déficit ? ), une comptabilité identique à celle que l'Etat lui-même impose aux entreprises, le calcul du "déficit" reste celui du simple calcul de recettes-dépenses d'un ménage. Ca ne veut rien dire au niveau d'un Etat puisque ne sont pas pris en compte les amortissements des équipements créés!
EN CONCLUSION
Lorsque vous entendez parler de "coûts" souvenez-vous toujours qu'il s'agit d'un "arrêt sur image", d'un état comptable à un moment donné. Demandez-vous toujours ce que deviendra ou deviendrait la monnaie qui corresponds à ce "coût" ... où va t-elle?
DONC, QUAND VOUS ENTENDEZ "COUT", PENSEZ " TRANSFERT" !
Lorsque l'on essaye de vous faire peur avec des déficits", posez-vous toujours la question de savoir ce que sont devenus ces "déficits" ... si par hasard ils ne sont pas partis dans une poche ou dans une autre, et s'ils reviendront ou non dans le circuit monétaire. Posez-vous surtout la question de savoir si, en regard, ils n'ont pas servi à créer une production socialement ou économiquement utile.
Date de création : 04/12/2006 @ 22:56
Dernière modification : 04/12/2006 @ 22:56
Catégorie : Généralités
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